Parfois il m'arrive de m'interroger la sensation que ça provoquerait de découvrir par hasard une personne qui saisisse ce que je n'ose pas dire sans qu'il faille de mettre des mots. Mes dimanches deviennent parfois vides, je guette la bonne personne pour les animer. Introvertie en public, je me révèle une absolument méconnaissable créature quand la complicité passe. À 30 ans, j'ai appris que les vraies rencontres éclosent dans le retrait et la douceur. J'aime les conversations privées plutôt que les interminables sorties mondaines. Je vis à l'émotion. Si l'attirance passe, je fonce. Voilà mon mode de vivre. Quelque chose en moi réclame cette obsession douce de m'abandonner sous un ciel d'été dans un espace perdu où on ne distingue que nos soupirs et le vent de la pénombre.